• L'orgue Anneessens de Petit-Enghien - Préambule

    L'orgue de l'église Saint-SauveurEnghien possède un patrimoine culturel et artistique important. Que de beaux orgues sont situés sur son territoire : l’orgue de l’église Saint-Sauveur de Petit-Enghien,  celui de l’église Saint-Nicolas d’Enghien, celui de la chapelle du Collège St Augustin,  grand instrument si peu connu (Klais), et celui de l’église de Marcq, considéré comme l’un des plus beaux orgues de Wallonie, qui se trouve dans son état d’origine (XVIIIème siècle.).

    L’orgue de l’église de Petit-Enghien est construit par Pierre-Hubert Anneessens en 1841. Celui-ci, issu d’une famille de facteurs d’orgues travaillant dans la région de Ninove, voit le jour à Londerzeel le 3 novembre 1810. Après la défaite de Napoléon, il quitte son village natal et retourne à Bruxelles, ville dans laquelle sa famille a vécu précédemment, et où son arrière-grand-père, François Anneessens, ardoisier et fabricant de chaises en cuir d'Espagne, est décapité le 19 septembre 1719 (voir notamment sa statue Place Anneessens à Bruxelles). C’est une véritable dynastie de facteurs d’orgues, qui durant 146 ans, produit quantité d’instruments. On ne sait pourtant rien de la jeunesse de Pierre-Hubert. A 20 ans, il est facteur d’orgues indépendant et s’installe à Pamel-Ledeberg.

    L'orgue de l'église Saint-SauveurLa facture de Pierre-Hubert Anneessens est traditionnelle et correspond à l’orgue baroque tel que Bach, par exemple, aurait connu. Jeux de principaux,  bourdons, fournitures en témoignent. Par contre au niveau de jeux tel que le hautbois et surtout la viole, il se rapproche d’une esthétique plus romantique. Il recherche des sonorités rondes et puissantes. Sur les instruments à un clavier, il introduit le jeu de « viole de gambe » en remplacement du nazard habituel. Il  se situe ainsi à une charnière dans l’histoire de la facture d’orgues. Il n’y a pas de boîte expressive, de trémolo, ou de voix céleste sur ses instruments. Il aurait, selon certaines sources, construit, transformé ou restauré environ 100 orgues entre 1830 et 1863.

    Le buffet de l’orgue de Petit-Enghien est en chêne ; les tuyaux de façade, en plomb, sont recouverts de feuilles d’étain pur et d’or fin. La transmission est entièrement mécanique et la console en fenêtre est placée sous le buffet.

    L’instrument se compose d’un clavier de 61 touches, ce qui est anormalement étendu pour l’époque, et d’un pédalier en caisson à la française de 17 touches. L’instrument, récemment restauré, permet aussi l’utilisation d’un pédalier moderne de 27 touches, laissé à l'appréciation de l’organiste.

     

    Sources :
    Michel Van den Bossche.
    Photos : Benoît Marchand - Programme de l’inauguration de l’orgue de Petit-Enghien 1841-2007 – 25 mai 2007.
     
     
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