• L'orgue de l'église Saint-Nicolas

    L'orgue de l'église Saint-Nicolas



     Avant 1964 ...

     

    Le buffet des orgues est actuellement dans un grand état de délabrement. Aussi le conseil de fabrique a résolu de faire confectionner de nouvelles orgues.

    Nous ne savons pas la date à laquelle un instrument de ce genre fut placé à l’église de Saint-Nicolas. Nous avons vu cependant que, dès la seconde moitié du XVe siècle, un organiste y était attaché. En vertu d’un contrat conclu avec le bailli, le curé et le magistrat d’Enghien, maître Adam de Clin, demeurant à Trèves, s’était engagé à livrer pour le 1er octobre 1464, une orgue au prix de deux cents peeters de 36 sous chacun, à payer moitié par la ville, moitié par l’église.

    Pendant l’exécution de ce travail qui dura six mois, maître Adam fut logé aux frais de la ville et de  l’église. Après son achèvement, maître Dieric, de Termonde, vint l’examiner.

    Il nous paraît résulter des comptes de cette année que ces orgues étaient placées vis-à-vis du chœur sur un jubé. On trouve en effet que l’on exécuta alors des travaux de menuiserie pour y monter par l’escalier menant à la trésorerie qui était au-dessus du porche, et pour passer au-dessus de la chapelle de Saint-Josse qui occupait, croyons-nous, une place voisine de la chapelle dite aujourd’hui des Trépassés.

    L’existence du jubé rend très naturelle l’exécution de sculpture et des ornements dont on décora ces orgues.

    Thielman de Tret, écrignier et entailleur, fit un siège pour l’organiste et sculpta « la houppe » de la devise de Louis de Luxembourg, comte de Saint-Pol, alors seigneur d’Enghien. Un tailleur de pierres de Ghislenghien, nommé Jean, exécute pour être placée sur les orgues une image de N.-D., ornée d’un soleil et de deux anges. Les portes des orgues furent peintes par Jean Bosman, qui y représenta au-dedans l’Annonciation de la sainte Vierge et au-dehors saint Nicolas et saint Eloi. Le tailleur de pierres de Ghislenghien sculpta en outre une nouvelle croix de quinze pieds de haut et les statues de la Vierge et de saint Jean pour mettre dessus « l’ocsal». Ce doxal ou jubé était en pierres et orné de statues.

    Ce jubé fut démoli au plus tard vers le milieu du XVIe siècle ou peut-être après l’incendie de 1497. Quant aux orgues, elles avaient souffert de ce sinistre et il fallut y exécuter  des réparations considérables. Le 13 juin 1564, un contrat fut conclu avec Nicolas de Smedt, facteur d’orgues, pour la construction d’un nouvel instrument.

     

    Source : Ernest Matthieu – Histoire de la Ville d’Enghien (1876) – Réédition de 1974 - Editions Culture et Civilisation - Bruxelles.

     

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    Dès la seconde moitié du XVe siècle, un organiste était attaché à l’église. Il est fait mention, en 1464, d’une commande d’orgues à Adan de Chin de Trèves, à payer par moitié par l’église et moitié par la ville. Elles durent être placées sur un jubé vis-vis du chœur. On y montait par l’escalier menant à la trésorerie, au-dessus du porche, pour passer au-dessus de la chapelle de Saint-Josse qui occupait une place voisine de celle des Trépassés actuelle.

    Thielman de Tret, écrignier et entailleur, fit un siège pour l’organiste et sculpta la « houppe » (?) de la devise de Louis de Luxembourg de Saint-Pol. Un tailleur de pierre de Ghislenghien, nommé Jehan exécuta une image de la Vierge et deux anges, et les portes où étaient représentés l’Annonciation, saint Nicolas et saint Eloi, furent peintes par Bosman. De plus, Jehan de Ghislenghien sculpta une nouvelle croix et les statues de la Vierge et de saint Jean, pour mettre sur « l’ocsal ». Ce jubé était en pierre orné de statues.

    Il fut démoli vers le milieu du XVIe siècle et les orgues furent réparées. En 1564, un contrat était passé avec Nicolas de Smedt pour la construction d’un nouvel instrument.

    Le traitement de l’organiste fut payé moitié par la ville, moitié par l’église, jusqu’en 1768, où l’église en prit la charge totale.

    Dès le milieu du XVIe siècle existait une Société de Sainte-Cécile qui, aux jours de fêtes religieuses faisait entendre à la paroisse des chants sacrés.

    De nouvelles orgues furent placées en 1881 sur le jubé Renaissance situé au fond de l’église.

     

    Source : Julienne M. Moulinasse – Enghien, Histoire, Monuments, Souvenirs. – 1931. p. 115.

     
     

     

    Depuis 1964 ...

     

    L'orgue de l'église Saint-NicolasA peine reconstruite, l'église du XVe siècle fut dotée le 1.10.1464 d'un instrument construit par Adam van Elen de Maastricht. Le compte des payements en a été retrouvé par M. Yves Delannoy dans un grenier d'Enghien.

    L'organier appartenait à une lignée de facteurs d'orgues originaire du village d'Elen-sur-Meuse, à 5 km au sud de Maeseyck. Adam -prénom encore usité dans la région- avait conclu le 23.2.1445 un contrat d'orgues pour le Clerken Capel de Louvain, l'actuel Sanctuaire de S. Joseph où repose le corps du P. Damien.

    Enghien commandait de nouvelles orgues à Nicolaas de Smet de Bruxelles, le 13.6.1564. Ces instruments se trouvaient sur un jubé donnant sur le chœur de l'église.

    On ne précise pas la date où fut construite une tribune d'orgue au fond de la nef centrale. L'instrument qui y figura devait être mal en point vers 1878, quand la fabrique d'église décida de confier la construction de nouvelles orgues au facteur Schyven (1), successeur de Merklin-Schütze de Bruxelles. L'instrument à traction mécanique, comportant 27 jeux réels et 7 jeux transmis, répartis sur 3 claviers manuels, fut inauguré en 1881. Il subit une restauration par le facteur Reygaert de Grammont vers 1949.

    Dès 1952, M. le doyen Vincart me confia l’étude du bel instrument. En 1962, la Fabrique d’Eglise voulut bien me convoquer pour présider à la dépose de l’instrument, devenue nécessaire par suite du dégagement du grand vitrail sur la porte d’entrée principale.

    Les années « 64 » furent fatidiques aux orgues d’Enghien, au XVe comme aux XVIe et XXe siècles.

    Les nouvelles orgues ont repris en 1964 leur ancienne place près du chœur. Tous les anciens tuyaux de l’orgue Schyven y figurent, à l’exception de la clarinette à anches libres. Les anciennes transmissions sont remplacées par 10 jeux nouveaux, portant l’instrument à 36 jeux réels, répartis sur trois claviers manuels.

    Les tuyaux de 1881 sont disposés dans un ensemble sonore comme dans une corbeille moderne aux fleurs montées en hauteur. Le XIXe siècle aimait grouper les fleurs en plan horizontal. La facture d’orgues de cette époque multipliait elle aussi ses sonorités à un même niveau, celui des jeux de huit pieds de hauteur. La facture moderne a repris à l’ancienne sa disposition en pyramide allant du 8 au 1 pieds, du grave à l’aigu.

    2620 tuyaux neufs et anciens s’étagent ainsi derrière une montre de grands tuyaux d’étain de plus de cinq mètres de hauteur (16 pieds), fondus avec l‘ancien matériau.

    L’ancien orgue se présente donc réformé, plutôt que simplement restauré.

     

    (1) Pierre Schyven (° Ixelles, 22 décembre 1827 ; † Ixelles, 6 juin 1916). Facteur d'orgues. D'abord apprenti chez Merklin, dès la fondation de son atelier en 1843, il est huit ans plus tard contremaître et chef d'atelier. A ce titre, il assure la responsabilité du montage de quelques instruments importants (cathédrale de Bayonne, La Havane, etc.) et remplace Merklin à la tête de la société lors des nombreux voyages à l'étranger de celui-ci. Il épouse le 2 février 1851 à Ixelles, Marie-Anne Nechelput (° Ixelles, 8 septembre 1829). Le couple a trois enfants : Isabelle (° Ixelles, 11 mars 1852), François et Pierre Jean-Joseph (° 24 juin 1878). En 1869, Merklin et son conseil d'administration accordent au chef d'atelier Pierre Schyven une bonification de cent francs pour chaque orgue construit selon le nouveau système breveté en France, en Belgique, en Angleterre et en Hollande, dont il est l'inventeur. Schyven s'associe à Armand Verreyt, un des administrateurs de la société Merklin, pour reprendre la firme après sa dissolution par Merklin en 1870. L'acte de constitution de la société en nom collectif « Pierre Schyven & Cie », 25 rue Francart à Ixelles, est déposé le 10 avril 1875. Le 25 juillet 1882, Schyven fait breveter son système à dédoublement appliqué au sommier à pistons puis, par un brevet demandé le 6 mars 1883, l'applique aux sommiers à registre. Il publie l'année suivante sa Notice sur le nouveau système d'orgues à dédoublement ou à jeux transformatifs qui contient les appréciations de divers organistes et spécialistes invités à comparer en ses ateliers de la rue Francart l'orgue construit pour le Sacré-Coeur de Lille suivant le système traditionnel, et un instrument appliquant le nouveau système, qui sera vendu plus tard à l'église Saint-Jacques-sur-Coudenberg à Bruxelles. La fin de la carrière de Schyven qui oriente ses travaux vers la production industrielle est encore mal connue. D'après les fichiers de l'administration communale d'Ixelles, il a encore pour profession en 1900 celle de facteur d'orgues alors qu'il apparaît « sans profession » en 1910.

     

    Sources :

    - Dom Joseph KREPS du Mont César à Louvain, Conseiller technique. - Extrait du feuillet édité lors de l'inauguration et de la bénédiction des orgues le 28 février 1965 (Imprimerie E. Delwarde). Ce feuillet reprend également la composition de l'instrument ainsi que le programme du concert donné par Marcel Druart. Décédé en 1972, il était un musicien d’une grande intelligence, d’une culture vaste et critique, un artiste de valeur, modeste et bien trop méconnu. Organiste et accompagnateur à la BRT, il fut aussi professeur d’orgue au Conservatoire de Mons.

    Programme :

    Trois faux bourdons - Anonymes espagnols XVIe siècle
    Plein Jeu - Cornet en écho - Guillaume Gabriel Nivers
    Cromorne en taille - Récit de Nazard - Basse de Trompette -Louis Marchand

    Allein Gott in der Höh sei Ehr - O Lamm Gottes unschuldig - Johann Pachelbel
    Prélude et fugue en mi majeur - Jean Sébastien Bach
    La Vierge et l'enfant - Les Bergers - Desseins éternels - Dieu parmi nous
    Extraits de "La Nativité du Seigneur" - Olivier Messiaen


    Après le salut :

    Final de la Grande pièce symphonique - César Franck


    - Malou Haine et Nicolas Meeûs - Dictionnaire des facteurs d'instruments de musique en Wallonie et à Bruxelles du 9e siècle à nos jours - Pierre Mardaga, Liège-Bruxelles - 1986 - p. 373.

     

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    L'orgue de l'église Saint-Nicolas

     

    Les orgues de l'église Saint-Nicolas, par Yves Delannoy

     

     Extrait des Annales du Cercle Archéologique d'Enghien - Tome XIV - 2e et 3e livraisons - 1965 - pp. 135 à 157.

     

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    Liste des organistes connus

    • Frère Henry del Eekoute (Henry de la Houte, suivant Ernest Matthieu, p. 456), religieux de Saint François, Noël 1451
    • Frère Pietre Lescul, religieux de Saint Augustin, 15 août 1455, qui devient Pierre le Jonckeere en 1462
    • Jehan le Vlieghe, religieux de Saint Augustin, Noël 1463
    • Messire Oste de la Warde, prêtre, 1465, assisté à la soufflerie par Corneille le Baermaker, jusqu'en 1481
    • Pierre Coeman, de la Noël 1475 jusqu'à la Saint Jean-Baptiste 1480
    • Vinchent d'Enghien, de la Saint Jean-Baptiste 1480 à la Saint Jean-Baptiste 1483
    • Oste de la Warde
    • Willame de Steenhout, prêtre, 1502-1503
    • Adrien du Bos, 1510-1514
    • Jacques Daelman, 1520-1539
    • Antoine Daneulx, 1603-1604
    • Jean Walravens, 1631-1632
    • Jean de Smecht, 1760-1767 (?)
    • Pierre Cusner
    • Benoît Cusner, 1799-1853
    • Benjamin Cusner, 1853-1899
    • Sina Cusner, 1899-1940
    • Benoît Vannesse, 1940
    • Charles Ghilain, organiste non professionnel, 1964
    • Michel Van den Bossche, organiste titulaire, 1er janvier 1993
    • Charles Ghilain, suppléant de Michel Van den Bossche.

     

    Edmond Duval, né à Enghien le 22 août 1809 et y décédé le 21 septembre 1873, était maître de musique. Il est possible qu'il ait parfois tenu les orgues à Enghien.

     

    Composition de l'instrument et état en 2015 : cliquer ici

     

     

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